L'ABREUVOIR "GAULOIS"

         Dans un texte, daté de 1863 et retrouvé aux archives départementales, P.P. Mathieu signale l'existence d'un "abreuvoir gaulois" au Lac, sur le flanc nord du plateau de Gergovie.

 

Par ailleurs, des membres de l'ASG ont également constaté, dans ce secteur, que des arbres avaient été déracinés par la tempête de 1999 et que les racines contenaient des tessons provenant de céramiques identiques à celles que l'on observe sur le plateau.

 

Trois sondages ont été réalisés, deux dans le but de connaître la date de construction de "l'abreuvoir, le troisième pour voir si les tessons provenaient d'une structure en place.

 

"(...) une de ces sources fournissait à l'abreuvoir gaulois qui existe encore au pied du rocher, dans toute son intégrité. C'est un parallélogramme de 16 mètres d'un côté, sur 8 de l'autre, et construit en pierres sèches.(.) La source qui y jaillissait, va sortir 100 mètres plus à l'est, parmi des blocs de basalte, sous une belle touffe de noyers"

                                                                                              P P Mathieu

"L'abreuvoir gaulois", plan de fouille ASG,

infographie X.Lauer

Trois sondages de 2 m sur 1 m, ont été réalisés.

 

Les deux premiers au niveau de l'abreuvoir lui-même : l'un en bordure externe, l'autre en bordure interne.

 

Le troisième sondage a été implanté entre la source et l'abreuvoir, très près d'un arbre déraciné par la tempête de décembre 1999 au niveau duquel de nombreux tessons avaient été recueillis.

 

 

Sondage n°1 :

 

Il a été fait à l'extérieur de l'abreuvoir. De haut en bas, le sol de plus d'1,50m (couches 1,1', 1'', 2) repose sur une diatomite (3). Cette diatomite, dégagée sur une épaisseur de 35 cm seulement, englobe des basaltes de taille moyenne.

 

Sa présence jamais signalée jusque-là, apporte la preuve de l'existence d'un véritable lac dans cette d'épression.

 

 

Sondage n°2 :

 

Il a été fait à l'intèrieur de l'abreuvoir. Il a permis de connaître la nature du comblement qui se trouve à 60 cm environ du sommet du mur. Le remplissage est essentiellement formé de vases argileuses. A 80 cm de profondeur apparaissent de gros blocs de basalte, déposés volontairement pour faire une assise stable.

Des tessons de poterie ont été recueillis entre les pierres : ils appartiennent à la période gallo-romaine.

Le mur en pierre sèche qui entoure l'abreuvoir

repose directement sur les vases argileuses. Sa structure, qui est celle très classique des murs de terrasses, montre qu'il a été construit pour retenir les terres, empêchant ainsi un comblement rapide de "l'abreuvoir".

 

Sondage n°3 :

 

Il a été implanté au pied d'un arbre déraciné, à une trentaine de mètres du captage de la source Fontmort. Dès le début de la fouille, il est apparu qu'il ne s'agissait pas d'un sol en place, mais de remblais au-dessus de la galerie de captage. Le sondage a permis de receuillir des tessons, complétant ainsi la récolte faite lors de la prospection.

Les céramiques indigènes forment un ensemble cohérent. Les modèles identifiés : tous des formes hautes, vases ovoïdes, pichets et cruches, sont les céramiques habituelles de l'oppidum. Il en est de même des amphores Dressel 1. Leur présence indique clairement que la source était utilisée par les habitants de l'oppidum.

Photo Henri Derus

Les sondages 1 et 2 montrent que la structure, nommée "abreuvoir gaulois" par P.P. Mathieu (ici noyée dans la végétation avec des arbres déracinés tombés à l'intèrieur), correspond sans doute à un aménagement d'une mare :

 

     Dans ce bas-fond du Lac, réceptacle naturel des eaux de ruissellement, une mare a pu se maintenir sans intervention humaine, la toponymie attestant l'existence d'un point d'eau permanent, mais il est fort probable qu'il y a eu creusement et aménagement d'un bassin à une époque qui reste à déterminer. Au cours du temps, des vases argileuses vont petit à petit combler ce bassin. Des blocs de basaltes sont alors déposés sur les vases du fond et un mur en pierre sèche est construit. Cet aménagement permettant de conserver en ces lieux une mare qui a pu servir d'abreuvoir.

 

                                                                                                                              (D. Tourlonias - Bull. 22 - 2001)

ÉTUDE DE LA ZONE HUMIDE DU "LAC" 

(UNIVERSITÉ BLAISE PASCAL DE CLERMONT-FERRAND)

L'étude de cette zone humide sera assurée prochainement par l'équipe de Geolab de l'université Blaise Pascal de Clermont - Ferrand. 

Photo Henri Derus

L'équipe Geolab et les archéologues au lieu-dit le "Lac"