FAUNE, FLORE

           GÉOLOGIE,

                FAUNE FOSSILE...

Le plateau de Gergovie est une table basaltique en inversion du relief. La coulée de basalte du sommet repose sur des édifices volcaniques complexes d’âge miocène (entre – 20 et – 10 millions d’années) associant des sédiments lacustres et des roches volcaniques curieuses, les pépérites.

 

La mise en place des pépérites, constituées de grains de basalte liés par un ciment marno-calcaire, résulte d’un volcanisme fortement explosif dû à la rencontre d’un magma basaltique et d’une nappe d’eau (phréatomagmatisme). La lave dispersée en granules et les sédiments encaissants pulvérisés sont brassés, mélangés, et s’accumulent dans un diatrème, profonde cheminée cylindrique recoupant à l’emporte pièce le socle sédimentaire oligocène. Plus tard, après la phase explosive, le cratère ou maar transformé en lac se comble de sédiments argileux et calcaires.

 

En 1899, l’abbé Boulay découvrit, au-dessus du village de Gergovie, de délicates empreintes végétales entre les feuillets des marnes lacustres du maar. Plus de soixante espèces fossiles furent recensées. La plus fréquente est une petite plante aquatique, la Châtaigne d’eau (Trapa pomeli) qui poussait en bordure du lac. En sa compagnie des palmiers, des camphriers, des lauriers, des mimosas, des jujubiers, témoins du climat chaud et sec de l’Auvergne d’alors !

La base du plateau est formée de puissantes couches calcaires, très visibles sur la colline de La Roche Blanche creusée d’habitations troglodytiques, les grottes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les grottes de la Roche-Blanche

 

La falaise  percée de grottes, qui domine le bourg de la Roche -Blanche est formée de différentes couches calcaires, les unes très sensibles à l’érosion (et faciles à creuser), les autres très résistantes formant des corniches. Les habitations troglodytiques sont connues depuis le Moyen-Âge, aucun indice archéologique ne permet de leur attribuer une date plus ancienne. Elles figurent sur le dessin de La Roche Donnezat, fait par Guillaume de Revel vers 1450, dans le quartier supérieur du village, dit «quartier du fort». La tour «Julia» sera construite plus tard au sommet de la falaise avec sans doute une communication avec les grottes. Au XVIII° siècle on signale que les grottes ne sont habitées que par les moins fortunés et on insiste sur le danger des éboulements qui touchent régulièrement la falaise. Il existe en fait de véritables maisons avec portes,fenêtres et niches dans les parois mais aussi des pigeonniers et des caves. Les alertes aux éboulements se succéderont au XIXe s. amenant la désertion progressive de ces habitations nommées «cafarottes» en auvergnat. Aujourd’hui les façades effondrées laissent voir les trous béants. La visite du site est extrêmement dangereuse mais le paysage attire les photographes ou les peintres.

 

Faune et flore du Puy Mardou

 

Le flanc est du plateau fait partie du site Natura 2000, intitulé «Vallées et coteaux xérothermiques des Couzes et des Limagnes». Ce site comprend essentiellement le Puy Mardou et le sill basaltique qui le prolonge vers l’est jusqu’au village de Gergovie. Il est caractérisé par la présence de pelouses sèches et très sèches (xériques). Deux sortes de pelouses existent :

 

- les pelouses xériques, arides installées sur des roches volcaniques, pépérites et basaltes. Il s’agit d’un milieu extrême avec des plantes adaptées à la sécheresse, certaines d’entre elles étant classées parmi les espèces rares. Cet habitat est d’intérêt prioritaire.

 

- Les pelouses sèches sur marno-calcaires sont formées essentiellement de graminées ; elles sont progressivement envahies par des arbustes, prunelliers et baguenaudiers. Elles présentent un intérêt communautaire pour leur conservation. Près de 300 espèces de plantes ont été recensées, dont 19 assez rares à très rares. Citons l’Andosace d’Occident, l’Astragale de Montpellier, l’Hélianthème des Apennins ou la Carline à feuilles d’acanthe. Les Orchidées, Orchis et Ophrys, sont relativement nombreuses (une dizaine d’espèces) : Orchis bouc, Orchis pourpre, Orchis pyramidal, Ophrys abeille, Ophrys frelon …

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Parmi les arbustes et buissons, on rencontre l’Eglantier, l’Aubépine, le Chèvrefeuille, le Cornouiller sanguin, le Baguenaudier, le Prunellier…

 

Une quarantaine d’oiseaux, oiseaux nicheurs et oiseaux visiteurs, ont été inventoriés. Parmi les rapaces, outre la Buse variable et le Milan noir qui sont des espèces communes, on peut observer à partir du printemps le Circaëte Jean-le-Blanc, un rapace de grande taille (près de 2 m d’envergure !) qui se nourrit exclusivement de reptiles (serpents, lézards) ; ce migrateur hiberne en Afrique tropicale, il revient en Auvergne pour se reproduire. Les Passereaux nichent dans les buissons et les bois d’acacias : citons le Bruant jaune, l’Alouette lulu, le Pouillot véloce, le Pipit des arbres, le Traquet pâtre …

 

Le Puy Mardou est l’un des sites les plus riches en papillons; 111 espèces de Lépidoptères y vivent. Le site recèle Saturnia pyri, le plus grand papillon de France. D’autres insectes classiques dans les milieux secs se rencontrent communément comme la Mante religieuse et l’Ephippigère.

Une faune fossile remarquable

 

L’exploitation des pierres à chaux a permis aux carriers de découvrir de nombreux fossiles à l’époque où les galeries d’extraction étaient creusées au pic et à la pioche. Gergovie est devenu ainsi un des sites paléontologiques les plus importants d’Auvergne.

 

Le fossile le plus abondant est sans doute un petit escargot, Helix Ramondi, mollusque terrestre, il vivait sur les parties émergées des plantes aquatiques. 

Les calcaires renferment aussi des débris d’œufs d’oiseaux, voire des œufs entiers, des plaques osseuses de crocodiles, des pontes de tortues aquatiques et quelques empreintes de poissons.

Les restes de Mammifères aujourd’hui disparus, ossements et dents, sont de loin les plus nombreux.

 

Les Rongeurs, comparables aux campagnols et chinchillas actuels, sont relativement nombreux. Un seul insectivore, ancêtre du hérisson, est attesté sur le site. Herbivores et Carnivores sont bien représentés. Parmi les premiers, citons Caînotherium laticurvatum, un petit ongulé dont la taille dépassait à peine 20 centimètres; il y a aussi un sanglier primitif, des antilopes ou gazelles dont il reste plusieurs fragments de mandibules, mais surtout un moulage endocrânien naturel dans un état de conservation exceptionnelle. 

 

Ces herbivores, des plus petits aux plus gros, étaient la proie des Carnassiers. Parmi les Félins, le seul genre connu, Proailurus, atteignait la taille du lynx. Cephalogale geoffroyi, une espèce assez fréquente, possédait une dentition apparentée de manière étonnante à celle d’un chien ! A coté de ces animaux de taille respectable, prospérait tout une faune de petits Mustélidés, belettes et fouines. Cette faune, datée de 20 millions d’années environ, vivait sans doute dans une savane près des lacs et marécages qui occupaient alors la vaste dépression de La Limagne. Le climat chaud et sec ressemblait beaucoup au climat subtropical actuel.