Photo : OT Gergovie, Val d'Allier

Oppidum est un mot latin, utilisé pour désigner une ville fortifiée gauloise. En Auvergne, la présence à courte distance de 3 oppida : Corent , Gondole et Gergovie est exceptionnelle. Gergovie (occupé d’environ 70 av. J.C. aux débuts du Ier siècle ap. J.C.), présente les restes d’occupation les plus récents.

Son rempart n’est pas le «murus gallicus» en pierre et en bois décrit par César, mais un simple ouvrage en pierres sèches. Dans le secteur fouillé au sud-est, il s’élevait sur les restes d’un rempart hallstattien, dominant un à pic taillé dans le basalte. Les fouilles de la porte ouest ont mis au jour des carrières, côté intérieur, ayant servi à réaménager le rempart pendant la bataille avant d’être comblées. Sous le règne d’Auguste, ce secteur d’accès à l’oppidum, sera modifié par la création d’une porte maçonnée à la chaux.

 

Gergovie avait un sanctuaire situé dans l’intérieur du plateau, composé à l’époque romaine de deux temples de type fanum (sanctuaire celtique avec une chambre carrée, la cella, entourée d’une galerie déambulatoire) à l’intérieur d’une enceinte d’environ 50 m de côté. Deux entrées de l’enceinte ont été dégagées, la plus petite à l’ouest et l’entrée monumentale à l’est d’une largeur de 5 m avec un décor d’enduits peints. Une grande fosse recueillait des dépôts de mobilier sacré. On commence à retrouver les traces d’un sanctuaire gaulois antérieur qui rappelle celui de Corent. L’époque augustéenne verra un remaniement complet avec l’installation des deux temples et de l’enceinte, l’ensemble étant encore remanié fin Ier-début II° s. ap .J.C. L’abandon se fera au III°siècle.

Les constructions ne couvraient pas toute la surface de l’oppidum, de vastes surfaces étaient des champs ou des jardins, mais il semble bien que la partie centrale ait connu un habitat dense. C’est là que fut dégagé un quartier artisanal avec des ateliers, des puits et des citernes.

 

 

D’autres constructions portent l’empreinte des techniques romaines : des villas comme la villa Aucler (colonnes de briques, enduits peints, mosaïques). Ce sont les plus récentes  habitations d’une noblesse ralliée à Rome. Artisans et commerçants ont constitué une grande partie de la population de l’oppidum.

EPAD au guerrier

frappé après la

guerre des Gaules

EPAD au cavalier

frappé avant la

guerre des Gaules

Gergovie a connu une activité métallurgique (travail du fer et du bronze). On travaillait également l’os, les bois de cervidés, le textile… L’importance du commerce est marquée par les importations italiennes comme la vaisselle fine (campanienne puis sigillée) et surtout les amphores en quantités énormes, plusieurs dizaines de milliers…

 

Les nombreuses découvertes monétaires attestent de l’importance de cette vie économique. Les monnaies arvernes dominent, elles portent les noms de dirigeants comme Verca, les plus nombreuses étant celles au nom d’Epad, il s’agit d’Epasnactos que César nous présente comme un grand ami des Romains. On trouve également des pièces de nombreuses tribus gauloises ainsi que des colonies romaines du sud de la Gaule.

 

 

 

 

 

 

 

 

L’oppidum sera abandonné au profit d’un site de plaine de création purement romaine Augustonemetum (Clermont).

Photo - OT Gergovie 2014

Gergovie. Les fortifications de l'oppidum de Gergovie.png
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