GERGOVIA

      Les découvertes anciennes et récentes sur le territoire de Gergovia démontrent que ce lieu a été habité à toutes les époques depuis le Néolithique, sans hiatus important, mais les vestiges gaulois sont de loin les plus abondants.

Le géographe Belleforest signalait en 1775 des découvertes monétaires "des médailles aux diverses effigies de bêtes". Selon P.P. Mathieu, d'autres médailles gauloises (monnaies), "une belle et grande fibule gauloise" et surtout un casque en bronze, ont été trouvés au XIXe siècle.

 

Les prospections systématiques, menées depuis quelques dizaines d'années, confirment l'existence d'un habitat gaulois, centré sur la ferme de Gergovia et s'étendant sur une quinzaine d'hectares.

Ferme de Gergovia

Hormis un petit sondage, aucune fouille n'est intervenue dans ce secteur. Les vestiges n'apparaissent en surface qu'à la suite de circonstances particulières : labours profonds, rectification d'un talus, arrachage de vignes, creusement d'un puits...et même, terriers de lapins !

 

Le sol recèle sans aucun doute, des structures en place, scellées par les dépôts de pente du Puy Mardou.

 

Les céramiques forment l'essentiel des vestiges. Les modèles observés sont des classiques du répertoire de La Tène : écuelles à bord rentrant, vases ovoïdes et balustres, pots de stockage...et des récipients originaux : les jattes d'Aulnat, ces jattes profondes, à anse horizontale, destinées à la cuisson, ont connu une large difffusion peu avant le milieu du IIe siècle avant de disparaître fin IIe/début Ier siècle avant J.C..

En raison de leur durée de vie limitée, elles constituent d'excellents marqueurs chronologiques. Faisselles, plaques de foyer, fusaïoles, témoignent d'activités domestiques.

 

Lignes ondées tracées au peigne, traits lissés à la pointe mousse, incisions, impressions en dents de loup...ornent la majorité de ces poteries : ces décors sont largement répandus dans la région et en Gaule. Mais le génie artistique des potiers gaulois se manifeste surtout dans la décoration des vases peints. Les fragments recueillis se rapportent essentiellement à des formes hautes. Le col est peint en rouge alors que la panse porte des motifs géométriques (quadrillage, losanges, ondes...) de couleur brune ou de simples bandes horizontales rouges sur fond blanc.

 

A côté de ces productions locales apparaissent quelques rares céramiques noires importées d'Italie, reflet d'échanges commerciaux avec le monde romain.

 

 

La capitale des Arvernes,

une histoire en boucle

Hélène Dartevelle - Christine Mennessier-Jouannet - Nathalie Arbaret