Fouille 2015 

"Porte sud"

Rapport de fouille 2015

Peter JUD

Consultable ici

  La campagne 2015, première année de la triennale 2015-2017 des fouilles programmées sur la ville gauloise de Gergovie, concerne deux zones : Le secteur près de la bordure du plateau, entamé en 2013, et le chemin de la Croix. 

Dans  le secteur proche de la bordure du plateau, la continuation des fouilles sur une surface de 400 m2 a permis la découverte de la "porte sud". Très vraisemblablement, il s'agit de l'entrée principale de la ville antique de Gergovie. Les relations stratigraphiques des vestiges permettent l'identification de quatre phases d'occupation, qui recouvrent les trois quarts du dernier siècle av.n.è.

                                                                                                                                                           (P.JUD - Rapport de fouille 2015)

Dès le début de l’occupation, vers 70 avant notre ère, un fossé de drainage traverse le secteur (n° 3 du plan). Il s’agit de la structure la plus ancienne reconnue à ce jour.

 

Puis, un mur de fortification formé de grands blocs basaltiques et large de 2,70 m est construit (5). Ce mur est orienté perpendiculairement au rempart, qui borde le plateau. Il appartient à l’aménagement de la porte principale de la ville.

 

Dans le corridor formé par les deux ailes rentrantes du rempart, une tour massive en bois à plusieurs étages bloque l’entrée, surplombant la chaussée et les portes (6). Cette voie, large de plusieurs mètres, se dirige vers le centre de la ville (4). Elle est encore par endroit recouverte d’un dallage à la romaine.

 

Immédiatement derrière la porte, une plateforme rectangulaire constituée de larges dalles supporte un vaste bâtiment sur poteaux, identifié comme une halle publique (7).

 

Cet ensemble urbain d’une qualité surprenante, construit essentiellement en pierre sèche, se développe entre les années 60 et 20 avant notre ère.

 

Dans la phase terminale de l’occupation du secteur, marquée déjà par l’abandon progressif de la ville, un quartier artisanal s’installe. Un ensemble de bâtiments légers construits en bois, s’organise autour d’une petite cour. Pour cette dernière phase, ont été reconnus des ateliers métallurgiques, un puits et une citerne.

Plan et texte Peter JUD -

(JPO 2015)

Photo VDH

Le fossé de drainage

(n°3 du plan)

Le fossé est la structure la plus ancienne reconnue sur la fouille, son axe structure l'espace dès le début de l'occupation.

Photos Henri Derus - X. Lauer

La voie

(n° 4 du plan)

Au total, la voie a été mise en évidence sur une longueur de 32 m. A l'est du mur de fortification elle possède une largeur de 7m. Après son passage le long du mur, elle tourne légérement vers l'ouest pour se rapprocher du fossé de drainage.

 

La coupe effectuée indique qu'elle a été construite après le creusement du fossé, la couche de fondation de la voie repose sur le substrat extrait lors de son creusement. 

 

Les    zones      dallées     encore 

conservées dans la partie nord de l'emprise révèlent qu'il s'agit d'une voie pavée suivant le 

modèle romain. 

 

A l'époque augustéenne, une citerne a été construite sur son bord occidental.

P. JUD - (Rapport de fouille 2015)

Photos Henri Derus 

L'aile de porte conservée, la porte et le retour du rempart

(n° 5 et 6 du plan)

Suite à la fouille, le tracé du mur de fortification qui constitue l'aile rentrante de la porte est connu dans son intégralité. Sa façade Est a été suivie sur une longueur totale de 12m. Le retour du rempart a également été découvert. Le parement externe du mur sud forme un angle d'environ 120° avec l'axe de l'aile rentrante. Une seule assise est conservée. Le blocage large de 3,60m s'étend vers le sud ouest. P. JUD - (RPF 2015)

Deux rangées de trois trous de poteau ont été découvertes. Leurs diamètres varient entre 40 et 70 cm. Ils transpercent la couche de gravier de la voie. Les deux poteaux du milieu sont liés entre eux par l'empreinte d'une sablière basse. Ces trous de poteau constituent les premiers éléments d'une porte. Ils témoignent d'un bâtiment recouvrant   la   voie  sur toute sa largeur en laissant deux passages larges de 1,70m et de 4,20m. P. JUD  (rapport de fouille 2015)

Matérialisation des montants de la porte gauloise

Photos Henri Derus - VDH - ASG

Ossements humains

 

Trois fragments de crânes humains ont été découverts dans le couloir de la porte. L'étude de ces restes par S.Charbouilliot (Eveha) est en cours et sera présentée dans le rapport de l'année 2016 

L'espace public

(n° 7 du plan)

Installée derrière la porte, une plateforme rectangulaire de 10 m sur 9 m constituée de larges dalles basaltiques supporte un bâtiment en bois, entouré d'une aire de circulation. Le plan concentrique rapproche ce bâtiment du plan des fana gallo-romains de tradition indigène. Les blocs sont de formes inégales, mais présentent toutefois une surface plate et lisse. Organisés de façon jointive, ils sont en moyenne plus larges que ceux utilisés pour le dallage de la voie. P. JUD (Rapport de fouille 2015)

Matérialisation du    bâtiment

Photos Henri Derus - ASG

Trou de poteau du bâtiment 

Le fanum d'Oisseau-le-Petit (Fond Google)

L'habitat

A l'ouest du fossé de drainage, entre lebâtiment  sur  plateforme  et  le mur de 

fortification, les  vestiges  de  plusieurs 

constructions   sur   solin   en    pierres 

sèches, des fosses, un caniveau ont été découverts. A  ces  vestiges s'ajoutent l'angle du bâtiment et le puits découverts en 2014. Situés à une profondeur assez faible, tous ces vestiges sont mal conservés,mais leur orientation commune montre qu'il s'agit d'un ensemble cohérent.    P. JUD (Rapport de fouille 2015)

Directement à l'arrière du fossé et après l'enlèvement des blocs en désordre, un angle de mur formé de blocs est apparu. (BAT29). 

 

Ces murs ont été installés sur un lambeau de sol en argile rouge qui appartient à un bâtiment plus ancien.

 

Les restes de murs de ce bâtiment (BAT29) sont conservés par endroits sur deux assises de pierres. P.JUD (RPF 2015)

 

Photos Henri Derus 

De tous les habitats, le bâtiment n°12 (BAT12) découvert en 2014 reste le plus important. La campagne 2015 à permis d'en retrouver l'angle sud-est.

 

Ce bâtiment était associé à un puits (PT7) et à plusieurs fosses. A l'intèrieur la fouille a révélé une fosse en forme de T.  Le remplissage riche en charbon de bois et les parois rubéfiées sur certains endroits suggèrent un lieu de combustion. 

 

Devant la façade est du bâtiment une nouvelle fosse a été découverte. Longue de 4,75m pour moins d'1m de largeur, elle a livré un abondant mobilier (amphores, sigillé, lampes à huile, faune, monnaies, etc.). 

 

La fouille de cette fosse insolite n'étant pas terminée, nous ne connaissons ni sa profondeur, ni sa fonction.

 

Un atelier métallurgique, peut-être un atelier de bronzier, a également été découvert en bordure de la plateforme.

P. JUD (rapport de fouille 2015)

Le chemin de la croix

Le deuxième chantier concerne le chemin de la Croix, ou le dallage déjà visible a été dégagé sur une largeur d'environ 10m.

Il semble qu'il soit encore plus étendue. L'année prochaine les fouilles vont donc continuer dans ce secteur.

Le petit mobilier de la fouille 2015 est assez conséquent puisque 149 objets ou lots d'objets ont était isolés et ont fait l'objet d'une fiche d'identification.

L'inventaire provisoire comporte de nombreuses monnaies, une dizaine d'objets en silex, 17 fragments de fibules et un objet en matière fossile. A signaler un très grand nombre de tôles de plomb à l'extèrieur de la porte.

 

Histoire d'une lampe à huile...

 

Plusieurs fragments de lampes à huile  ainsi qu'un exemplaire archéologiquement complet ont été découverts dans la grande fosse allongée devant le bâtiment n°12.

Ces lampes datent pour la plupart de la période augustéenne. D'autres exemplaires de lampes ont déjà été trouvés dans l'enceinte du sanctuaire, au quartier artisannal et au centre du plateau.

Photo Elliott Sadourny

Photos Elliott Sadourny

Un thymiaterion a été découvert dans une fosse à quelques mêtres du bâtiment sur platerforme . Il s'agit du premier exemplaire connu sur le plateau de Gergovie.

 

Un thymiaterion est un type d'encensoir ou brûle-parfum utilisé dans l'Antiquité pour des cérémonies religieuses. Ce terme grec ne sert pas seulement à décrire les encensoirs utilisés en Grèce antique mais également les accessoires cultuels similaires en usage chez les Phéniciens ou les Étrusques.

 

Les thymiateria pouvaient avoir une grande variété de formes, depuis de simples pots de terre cuite jusqu'aux objets sculptés ou moulés, d'argile ou de métaux précieux.

Photos E.Sadourny et H.Derus

Infographie Peter JUD -2015-

© Musée du Louvre

Thymiaterion 

argile

H. : 18 cm.

Département des Antiquités grecques, étrusques et romaines

Thymiaterion

German private collection of Dr. W.E., Baden-Württemberg

South Italian

H: 43.7 cm

3rd century BC

Planches Peter JUD - Rapport de fouille Gergovie 2015

82 monnaies ont été découvertes durant la fouille de 2015

 Etude des monnaies issues des fouilles 2014 et 2015

Jean-François Pasty

 

Les monnaies étudiées dans le cadre de ce travail sont au nombre de 105. Elles proviennent pour une petite partie d'entre elles des fouilles de 2014 (23 pièces) et pour le reste de la campagne de 2015 (82 pièces). Le faciès monétaire de la fouille fait état d'une prédominance des monnaies gauloise sur les frappes romaines, avec pour les premières, une présence quasi exclusive des espèces arvernes.

J.F. Pasty (Gergovie - Rapport de fouille 2015)

 

Gergovie. Les fortifications de l'oppidum de Gergovie.png
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