LE QUARTIER ARTISANAL

        Sur le rebord méridional, dans la dépression centrale, au débouché du chemin d'accés au plateau, des artisans fondeurs et des forgerons avaient aménagé des terrasses pour y installer leurs ateliers. Serrées les unes contre les autres, ces modestes constructions formaient un quartier artisanal typique, proche dans son aspect de celui de la Come-Chaudron découvert sur le Mont Beuvray dans le Morvan (Bibracte). L'imbrication des murs révèle l'existence de plusieurs réaménagements successifs sur une période brève d'un demi-siècle environ. Les fouilles de Hatt en 1943, puis Labrousse de 1947 à 1949, ont également montré que ce quartier artisanal se superposait, à l'ouest, à des vestiges d'habitats posthallstattiens et par endroits à des niveaux d'occupation de l'âge du Bronze.

Plan de fouille du quartier artisanal - M. Labrousse

1947 - 1949

Fouillé dans les années 40 sur plus de 50 mètres de longueur, le quartier artisanal est aujourd'hui totalement accèssible. Encadré à l'est et à l'ouest par le rempart, il se situe à la tête d'un secteur très riche en vestiges archéologiques sur un axe majeur de l'oppidum.  

REMPART EST

QUARTIER ARTISANAL

Citerne

Les bâtiments formaient un  complexe de petites échoppes et de petites demeures artisanales, de plan rectangulaire ou carré, vraisemblablement construites en bois ou en torchis sur un soubassement de pierre sèche. Les sols de ces petites échoppes en terre battue ont conservé des traces des activités artisanales : restes de fours de bronziers, nombreuses scories, débris de grès réfractaires, cendres, charbons...

Ce quartier industriel se prolongeait en dehors de l'enceinte de part et d'autre du chemin qui monte du village de Gergovie, où trois petits ateliers métallurgiques ont été fouillés.

Des puits et des citernes bâtis avec soin assuraient l'approvisionnement en eau.

 

"L'aménagement le plus récent est constitué de deux puissants murs parallèles, liés au mortier, larges de 1m et distants de 4 m. Suivis sur une longueurs de 30 m et consolidés par trois murs transversaux, il s'agit de fondations puissamment ancrées - sans doute à cause de l'instabilité du sol sous-jacent - dont l'installation a obligé à niveler les constructions plus anciennes. En l'absence de niveau d'occupation associè, leur fonction est inconnue."

( M. Provot, C. Mennessier-Jouannet -1994)

Les fouilles récentes  de la parcelle située immédiatement en arrière de ce complexe, de l'autre côté de la route, ont également  mis à jour des structures liées à l'artisanat : bâtiments, citernes, ateliers métallurgiques, atelier de bronzier... datées de la même époque et auxquels il pourrait se rattacher. 

 

Le quartier artisanal est également à l'emplacement d'un "vide" laissé par le rempart.

 

En effet, à cet endroit le mur de fortification s'intérompt sur plus de 100 mètres pour reprendre plus loin à l'ouest.

 

CORENT

REMPART

OUEST

PORTE GAULOISE

QUARTIER ARTISANAL

Aujoud'hui, on sait que le quartier se trouve à l'avant d'une ancienne porte gauloise à ailes rentrantes, qui explique la discontinuité du rempart.

 

La création du quartier artisanal à l'époque gallo-romaine pourrait également être la cause du démantélement complet de celle-ci. 

 

 

 

Il est possible, dans ce secteur, qu'une porte gallo-romaine est remplacée la porte gauloise, comme cela a été observé à la porte ouest.

Les fouilles de Gergovie

de1943 et 1944

 

Jean-Jacques Hatt