LES REMPARTS DE GERGOVIE

          Depuis longtemps, un tertre de pierre allongé sur le bord sud du plateau, avait attiré l'attention des visiteurs de Gergovie. Non seulement par sa forme et sa position, mais aussi par le fait qu'il était couvert d'herbe, contrairement aux pierriers du plateau, ce qui dénotait une plus grande ancienneté.

 

Les fouilles du comité Pro Gergovia, celles de Lassus et Hatt, permirent de confirmer ce que plusieurs auteurs avaient suggéré : on était bien là en présence d'un secteur fortifié de l'oppidum.

 

De 2001 à 2004, l'ARAFA reprit l'étude de cette structure avec Thomas Pertlwieser, spécialiste autrichien des fortifications celtiques. Cette étude montra que l'oppidum de Gergovie possedait un système de fortification complexe, mais aussi plusieurs remparts, superposés les uns sur les autres, d'époques différentes.

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Les fortifications de Gergovie présentent plusieurs états successifs de construction,  du début à la fin de l'âge du fer (de 650 avant J.C., jusqu'au1er s. avant J.C.).

 

Sous le rempart une couche d'humus renfermant du mobilier néolithique et de l'âge du Bronze rappelle que le plateau a sans doute déjà joué son rôle de forteresse à ces époques, mais si des aménagements ont existé (palissade...?) il n'en reste pas de traces.

 

Les plus anciens vestiges de fortification sont datables de la période du Hallstatt ainsi que la création de la terrasse en dessous. A cette époque le bord du plateau est entamé pour créer un à-pic de 4 m à 6 m de haut, la terrasse est façonnée, aplanie, pour former un replat de 15 m de large. Il est remarquable de constater que ces aménagements anthropiques se retrouvent sur pratiquement toute la face sud du plateau de Gergovie, soit un peu plus d'un kilomètre et demi. Un rempart de type "Hod-Hill", mêlant le bois à un blocage de pierre, est ensuite construit en bordure de l'à-pic pour en augmenter la hauteur. Dans le mobilier recuelli dans la rampe on a trouvé une fibule en bronze de la fin du Hallstatt, la construction du rempart se situerait donc vers 500 avant J.C.

L'occupation du plateau à cette époque semble relativement importante au vu des nombreuses découvertes de céramiques.

 

Après une période d'abandon, c'est sur les restes de ce rempart Hallstattien qu'a été construit un nouveau rempart sous la forme d'un puissant mur de pierres sèches d'environs 2 m d'épaisseur. La construction est simple : deux parements enserrent un blocage de pierres et de terre, la partie supérieure étant peut-être protégée par une superstructure en bois. Ce rempart a connu des transformations au cours de sa période d'utilisation, notamment la création de rampes/éperons en pierres sèches vers l'intérieur de l'oppidum pour faciliter sans doute l'accès au chemin de ronde. Le mobilier recueilli dans les couches liées à ce rempart et dans celles de la terrasse située en contrebas montrent une période d'activité comprise entre 60 et 15 avant J.C.

 

L'abandon se situe autour du changement d'ère.

 

Aujourd'hui, la végétation a repris ses droits et l'à-pic a était en bonne partie comblé, mais les fortfications restent encore largement perceptibles, même après plus de 2000 ans, notamment au niveau de la route qui borde le plateau construite dans sa partie finale sur l'ancienne terrasse défensive. Le rempart est lui conservé sous la forme d'un talus.

 

Fibule du Hallstatt  Photo T. Pertlwieser

Période du Hallstatt

1er siècle avJC

Restitutions 3D - Lucien Andrieu - "Histoire d'une portion du rempart"  ICI

Les fortifications de l'oppidum de Gergovie et son système défensif :

 

- Rempart en pierre

- À-pic creusé dans le basalte

- Large terrasse

- Mur de défense 

 

Ce type de fortifications a dû, au moment de la guerre des gaules, empêcher l'utilisation des techniques et des armes de siège romaines habituelles (tours, béliers, traits incendiaires, sapes...).

Evocation du rempart pendant la guerre des Gaules. 3D Lucien Andrieu

Photos Thomas Pertlwieser - ARAFA

Plus d'infos ? Consulter également :

ARCHÉOLOGIE EN ARVERNIE

 

   Le mur à éperons de Gergovie :

     échos hellénistiques sur un                       oppidum gaulois

                 Pierre MORET

 

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